PHOBIE SOCIALE : COMMENT VAINCRE LA PEUR DU REGARD DES AUTRES

phobie sociale

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Phobie sociale : comment vaincre la peur du regard des autres ?

La phobie sociale désigne un trouble anxieux qui se caractérise par une intense peur du regard des autres. La phobie sociale est une maladie reconnue depuis peu. Ses causes réelles sont encore floues . Mais on sait qu ‘ elle apparaît dès l ’ enfance et qu’elle est liée à des influences génétiques et éducatives . Pour traiter un problème , encore faut -il admettre son influence. Et c’est là la première difficulté que pose la phobie sociale  (aussi appelée anxiété sociale ou blemmophobie). Du fait que cette maladie se déclare souvent dès le plus jeune âge, les personnes qui en sont atteintes ne l ’ identifient pas toujours comme un trouble chronique et tendent à la considérer comme un trait de caractère : elles peinent à socialiser, tout simplement. Pour certains individus, en particulier ceux qui sont stigmatisés , la peur d ‘ autrui est un défaut pénible, mais pour d ‘ autres, c’est juste leur ?façon d ‘ être ?.

Ils trouvent alors que leur phobie correspond à l ’ image qu ‘ ils ont d ‘ eux-mêmes, ce qui, en un sens est pire encore, car on a alors d ‘ autant moins tendance à rechercher de l ’ aide. Neuf personnes sur dix se déclarent plus ou moins timide et il n ‘ est pas toujours évident de savoir à partir de quand la situation devient pathologique. On estime que seulement la moitié des individus atteints de phobie sociale cherchent à se soigner en général après l ’ âge de 15 ans ou 20 ans. Souvent, ce sont des complications associées qui les poussent à consulter .  Bon nombre de phoniques souffrent en effet de dépression ou d ‘ alcoolisme, ayant tendance à boire quelques verres pour se détendre dès qu’ils sont avec les autres… Qui est touché ? Quelles sont les personnes à risque ? Existe-t-il des maladies associées ? Quels sont les symptômes et les solutions pour la vaincre ? Faut-il se diriger vers un groupe de paroles, des séances d ‘ hypnose ou une TCC ? Tour’ d ‘ horizon.

Qu’est-ce que la phobie sociale ? 

Qu’est-ce que la phobie sociale ?

La phobie sociale est une pathologie dite “de situation” où les patients craignent d ‘ être l ’ objet de l ’ attention des autres et par conséquent, cherchent à bannir les situations stressantes “cette phobie pousse à éviter les situations où l ’ on est en rapport avec les autres par crainte d ‘ être jugé . Elle est étroitement liée à la peur du regard des autres et des interactions avec autrui et peut être déclenchée par le simple fait d ‘ être en public, de manger en public, d ‘ être en désaccord avec quelqu’un ou de devoir faire un discours par exemple”, explique Véronique Moraldi psychopraticiennne, certifiée en psychopathologie et hypnothérapeute à Vaison-la-Romaine. Cette phobie peut se manifester dès l ’ école, chez les enfants plutôt introvertis et timides, qui ont pu être la cible de moquerie ou de harcèlement scolaire . 

Cette phobie s ‘ installe souvent à l ’ adolescence quand l ’ adolescent supporte avec difficulté le regard des autres. “Ces patients sont généralement des personnes très exigeantes avec elles-mêmes, supportant mal l ’ échec dans la relation aux autres et qui se déprécient beaucoup. Ce sont aussi parfois des enfants issus de familles repliées sur elles-mêmes, ayant une vision phobique de l ’ autre, une peur de l ’ inconnu. Et entre-soi peut favoriser le développement de la phobie au même titre qu ‘ une expérience traumatisante survenue dans ou l ’ adolescence”, complète la spécialiste.

La phobie sociale débute précocement 

La phobie sociale paraît très tôt avant l ’ âge de 25 ans généralement. Un phobique sur cinq connaîtra ainsi  la peur des autres avant l ’ âge de cinq ans, et un sur deux avant l ’ âge de quinze ans. D ‘ ailleurs, le pic d ‘ apparition des phobies sociales apparaît entre 11 et 15 ans. Il y aurait peut-être un lien avec la puberté ? Car les changements corporels sont souvent une source de mal-être à l ’ adolescence  ( on connaît notamment l ’anorexie, la dysmorphophobie…) or difficile d ‘ affronter le regard des autres lorsqu’on a du mal à affronter son propre regard.

Les origines de la phobie sociale 

Mais ces modifications à la puberté ne peuvent expliquer à elle celles seules cette peur panique d ‘ autrui. Des vulnérabilités génétiques favorisent les risques de développer une phobie sociale. Ex :les comportements effacés vont facilement souffrir de ce trouble : peur de l ’ inconnu, manque d ‘ encouragement et de soutien des parents durant l ’ enfance. D ‘ ailleurs, l ’ éducation joue un rôle prépondérant dans l ‘ apparition de la phobie. Ainsi, des proches qui surprotègent leur enfant et limitent ses rencontres avec l ’ environnement extérieur peuvent facilement favoriser la peur de l ’ autre. C’est notamment le cas si les parents sont eux-mêmes atteints de  phobie sociale…

Les femmes plus touchées que les hommes 

Mais il existe d ‘ autres aspects de la phobie sociale dont il est difficile de définir les liens de causalité avec l ’ apparition de la maladie. Ainsi, la phobie sociale touche plus les femmes que les hommes, sans qu ‘ on sache réellement pourquoi, autre constat: la plupart des phobiques sociaux vivent seuls. Mais là encore, difficile de savoir si c’est la cause ou la conséquence du trouble… De même, cette peur des autres est souvent rentrée avec d ‘ autres maladies, sans que l ‘ on puisse déterminer les liens de cause à effet. Ainsi, la dépression et les troubles anxieux sont fréquents avec la phobie sociale. De même, on retrouve plus de problèmes liés à la  consommation  d ‘ alcool.

Mais dans ce cas, le phobique utiliserait plus ou moins Consciemment la boisson comme traitement  (inapproprié) pour essayer de se désinhiber. Dans tous les cas, il faut savoir que des traitements efficaces existent contre la phobie sociale, associant psychothérapie et médicaments  (anxiogènes). Pour ne pas avoir peur des autres toute sa vie.

Phobie

 

Les signes qui doivent alerter 

Pietro crimaldi, psychothérapeute et vice-président de l ’ association italienne des troubles d ‘ anxiété sociale (AIDAS), donne quelques indices pour apprendre à reconnaître la frontière entre timidité et phobie : ?quand une personne est dans l’ évidence systématique et qu ‘ elle n ‘ arrive pratiquement pas à fréquenter des amis à passer des entretiens d ‘ embauche ou nouer des relations sentimentales , il faudrait intervenir?, explique-t-il. ? La situation est différente si  le malaise est moins envahissant et que le sujet parvient à conserver une vie sociale. Même s ‘ il reste en retrait et prend peu la parole, il est présent et interagit tant bien que mal avec les autres?.

Les femmes ont encore plus de mal que les hommes à demander de l ’ aide, selon Liliane Dell’ Osso, directrice de la clinique psychiatrique de l ’ Université de pise : ? il n ‘ y a pas si longtemps, une attitude en retrait et une affirmation personnelles modérées étaient des traits recherchés chez les femmes. Et d ‘ aucuns considèrent encore de nos jours comme normal qu ‘ une jeune fille soit timide, éprouve de l ’ embarras en public et renonce à sa carrière pour sa famille. Il est donc essentiel que les symptômes psychiatriques de ce trouble soient mieux connus ,afin que la personne en souffrance et ses proches sachent détecter les signaux d ‘ alarme ?

Les patients ne sont pas les seuls à avoir des difficultés à identifier leur trouble. ?L ’ anxiété sociale passe souvent sous les radars, que ce soit à l’ école ou lors des visites, chez le médecin de famille?…

L ’ attention focalisée sur soi 

Les personnes en situation sociale se focalisent de manière extrême sur les symptômes physiologiques, leur anxiété et leur performance. L ’ individu utilise ses perceptions internes pour construire une représentation de comment il imagine être perçu par les autres. Comme l ’ image de soi préexistante est négative et la perception de l ’ anxiété accrue, la personne déduit qu ‘ elle est perçue négativement. La personne est persuadée que son anxiété est perçue de façon très forte par les autres  (biais de raisonnement émotionnel); ce qui est interprété comme un échec à atteindre les standards sociaux considérés comme normaux alors qu ‘ ils sont élevés ).

Enfin l ’ individu s ‘ attend par conséquent à être jugé négativement. L ’ hyper-concentration sur soi peut  également diminuer la capacité de l ’ individu à effectivement se concentrer sur la conversation et sur les signaux sociaux des partenaires qui permettent d ‘ interagir de manière pertinente  ( perception des émotions, des tours de paroles, compréhension du sujet…)

Cette attention focalisée sur soi  (plutôt que sur la tâche ) entrave également la perception du feedback neutre ou positif des interlocuteurs.

Une absence de feedback positif va également être interprétée comme une preuve d ‘ échec. Ces souvenirs d ‘ échec vont ensuite alimenter la perception globale négative de la personne.

Les comportements de sécurité :

Anxiété

Les comportements de sécurité sont des évidences ,des événements subtils utilisés dans l ‘ espoir d ‘ éviter que les prédictions négatives ne se réalisent.

Exemples de comportements de sécurité :

  1. Ne pas contribuer aux conversations;
  2. Ne pas ou peu regarder dans les yeux;
  3. Planifier à l ’ avance ce qu ‘ on va dire;
  4. Prendre de l ’ alcool ou d ‘ autres drogues;
  5. Mettre du maquillage pour cacher le rugissement;
  6. Mettre des protections anti-transpirant;
  7. Porter des vêtements discrets;
  8. Se placer de telle manière à pouvoir sauter rapidement  (près d une sortie, en bout rangée,près des toilettes…).

Clark et Wells suggèrent que d ‘ un côté ces évidences produisent un renforcement négatif en diminuant l ’ anxiété et augmentent le sentiment de contrôle. De l ’ autre côté, lorsque la situation sociale se déroule plutôt bien l ’ individu attribue le succès à son comportement de sécurité. Par exemple,  si la personne ne dévoile aucune information personnelle durant la conversation et qu’elle n’est pas rejetée, elle pourra penser que c’est grâce à sa discrétion que cela s ‘ est passé. Les croyances dysfonctionnelles sont donc maintenues alors que si la personne s ‘ était dévoilée et que cela s ‘ était bien passé, la croyance aurait pu être atténuée.

Les comportements de sécurité peuvent également créer des prophéties auto -réalisatrices dans la mesure où si la personne ne parle pas pour ne pas se dévoiler, son interlocuteur pourra imaginer qu’elle n’est pas intéressée par une interaction sociale et quitter abruptement la conversation. Autres exemples : si l ’ individu s ‘ alcoolise pour se désinhiber, ses comportements peuvent devenir inappropriés. Globalement ces comportements de sécurité vont venir inhiber les compétences d ‘ interactions sociales naturelles de la personne  (elles apparaissent plus nettement dans le cadre rassurant du bureau du psychologue).

Quels sont les symptômes de la phobie sociale ? 

Les symptômes liés a la phobie sociale sont surtout comportementaux : la personne va par exemple éviter de sortir dans des lieux inconnus ou publics, ne pas se rendre à des événements tels que des spectacles ou des concerts et se priver de toute activité de ce type. Elle peut également développer:

  • Des symptômes physiologiques d ‘ anxiété
  • Des sueurs
  • Des tremblements
  • Des palpitations
  • Une sensation d ‘ étouffement
  • Des attaques de panique, dans les cas les plus extrêmes
La phobie sociale se caractérise aussi par plusieurs appréhensions :
  • La peur du rejet
  • La peur de l ’ échec
  • La peur d ‘ être ridicule
  • La peur d ‘ être perçu comme anormal
  • La peur de perdre le contrôle…

Si cette phobie n’est pas prise en charge, le risque pour le patient est de développer un épisode dépressif.  “En faisant de moins en moins de chose,il se “rigidifie” et peut éprouver d ‘ autres troubles phobiques comme la phobophobie à la peur d ‘ avoir  peur”,explique Véronique Moraldi.

Enfin de réduire nos craintes ou de ne plus ressentir nous construisons des stratégies de gestion émotionnelle, d ‘ hypervigilance sur les erreurs ou sur les imperfections, sur l ’ évidence des risques, sur les choses à dire ou ne pas dire, pour toujours satisfaire les besoins des autres au détriment des siens, afin d ‘ accepter les remarques des autres sans broncher. etc. Seulement, nos conduites d ‘ hypervigilance à ne pas déplaire et à ne pas décevoir en toutes circonstances provoquent une sur-adaptation sociale et par conséquent une pression intérieure  forte, source de stress et de maladies.

Cause 

Cause

Les racines de la phobie sociale sont multiples:

  1. Un terrain familial anxieux
  2. Une personnalité introvertie (attention toutefois à ne pas confondre timidité et pH sociale ),
  3. Manque de compétences relationnelles et émotionnelle
  4. Une remise en question de soi dévalorisante
  5. Des exigences inatteignables
  6. Un vécu traumatique de harcèlement scolaire ou de maltraitances…

Solutions : quel traitement pour vaincre une phobie sociale ? 

Comme dans tout traitement d ‘ une phobie, il est indispensable de trouver l ’ origine du mal-être ressenti : “il faut trouver la source de la phobie, il y a une raison qu ‘ il faut parvenir à déterminer. Le mieux est de commencer tôt pour éviter que cette peur gagne toujours plus de terrain, ” commente la spécialiste.

 “Il existe plusieurs techniques mais ce qui est efficace, pour moi, pour l ’ interrompre cette séquence anxieuse qui se met en place, c’est après l ’ avoir préparée en séance de demander aux jeunes clients de se mettre en situation et d ‘ observer avec précision la montée de son angoisse et ses manifestations en lui et de les noter. En prenant du recul, un œil d ‘ observateur, le client s ‘ associe à  la situation sans la vivre. Il peut sortir de l ’ état d ‘ émotions et reprendre du contrôle sur lui-même. La plupart du temps, je vais prescrire une tâche d ‘ observation associée de l ’ hypnose ericksonienne  très efficace avec les enfants et les adolescents pour renforcer leur confiance en eux et modifier leur expérience “explique la psychopraticiennne.

L ’ hypnose ou l ’ état hypnotique favorise la mobilisation des ressources naturelles pour apaiser l ’ hypersensibilité pour améliorer le rapport aux contextes sociaux phobogènes et augmenter le sentiment d ‘ habileté relationnelle.

Thérapie cognitive comportementale (TTC)

Un traitement régulier à l ’ affirmation de soi, à la transformation de ses perceptions mentales et une pratique quotidienne de pleine présence à sa respiration, à ses sensations, et ses émotions favorisent la régulation des manifestations phobiques cognitives et comportementales se déroulent tout en individuel avec un accompagnement dynamique du psychologue, soit en groupe, avec des mises en situation comme le jeu de l ’ éloquence ” en complément à la thérapie cognitive comportementale  ,  des exercices de sophrologie et de cohérence cardiaque, favorables à la progression de l ’ estime de la confiance en soi, peuvent être proposés et  précis à  la psychologue.

Groupe

 

Groupe de parole 

” une participation ponctuelle régulière à un groupe de parole autour  de la question de l ’ anxiété sociale réduit considérablement le sentiment d ‘ être l ’ unique personne à sentir les manifestations phobiques, de mieux contextualiser et évaluer l ’ intensité des difficultés relationnelles et de profiter des expériences et des progrès des participants afin de trouver des réponses adaptables à ses réels besoins” souligne la spécialiste.

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